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   Personne  n’avait cherché à savoir d’où venaient Sami, Mamadou, Yann, David et Claude. Ils s’étaient réunis, un jour, ici, dans notre ville, sans qu’on s’en aperçoive. Tout le monde s’étonnait de leur amitié. Ils avaient l’habitude de se rencontrer, chaque dimanche matin, pour s’amuser et se divertir.

   C’est vrai qu’ils ne venaient ni de la même ville, ni du même pays, du même continent ? Non plus ; mais il y a quelque chose d’extraordinaire qui les relie les uns aux autres : c’est l’innocence de l’enfance.

   Voila qu’un jour, en jouant ensemble, comme d’habitude, Claude ne s’est pas rendu compte qu’il a laissé tomber sa montre, ça n’était pas une simple montre : c’était un véritable bijou ! De son retour chez lui, sa maman a remarqué qu’il n’a rien à la main. Furieuse, elle demanda : « où est ta montre ? Ne me dis pas que tu l’as perdue ! » Etonné, le petit enfant ne trouve pas de réponse. Il ne se souvient de rien. En réalité, au fond de lui-même, la montre ne signifie rien ; ce qui compte pour lui ce sont les moments agréables qu’il passe avec ses copains.

Cependant, la maman, qui cherchait un prétexte pour interdire son fils de jouer avec ces gamins, a trouvé la perte de la montre une bonne occasion pour fermer sa porte et ne plus laisser son enfant fréquenter des personnes qui n’ont pas la même couleur que son fils.

   Une semaine, deux, trois, et Claude ne parut pas au jardin, lieu habituel à la rencontre, alors Mamadou s’est proposé d’aller chez son ami pour se renseigner sur son absence. Dès qu’il a frappé la mère a ouvert, puis elle a brusquement fermé en criant :   « Va-t-en, espèce de noir ! » Déçu, le petit Mamadou commence à chanter :

 

                                           J’ai frappé à ta porte

                                           J’ai frappé à ton cœur

                                           Pour te voir, cher Claude

                                           Pour te dire que tu me manques

                                           Pourquoi ta mère m’a repoussé ?

                                           Parce que je suis noir !

                                           Je n’ai pas choisi ma couleur

                                           Je ne suis pas un noir

                                           Je ne suis qu’un enfant

                                           Un enfant innocent comme toi

 

   Claude, en écoutant les paroles de son ami, a été vraiment touché, il s’est plongé dans une tristesse profonde au point que sa mère commence à s’inquiéter sur lui.

   Dimanche suivant, Mamadou ne s’est pas rendu au jardin pour faire part à ses amis de ce qui  s’était passé chez Claude alors Yann, David et Sami sont allés chercher Mamadou et se sont renseignés sur ce qui s’était passé, alors, ensemble, ils se sont dirigés vers la maison de Claude et dés qu’ils ont frappé, la mère a ouvert, mais elle a fermé en disant que son fils ne fréquentera plus des enfants de couleur.

Alors, les petits enfants ont commencé à chanter :

 

                                      Nous avons frappé à ta porte

                                      Nous avons frappé à ton cœur

                                      Pour te dire que tu nous manques, cher Claude

                                      Pourquoi nos repousser

                                      Pourquoi nous demander

                                      Si nous sommes d’Afrique

                                      Si nous sommes d’Amérique

                                      Si nous sommes d’Asie

                                      Si nous sommes d’Europe

                                      Viens avec nous chèr frère 

                                      Nous ne sommes pas noirs

                                      Nous ne sommes  pas rouges

                                      Nous ne sommes pas jaunes

                                      Nous ne sommes pas blancs

                                      Mais nous sommes que des enfants

                                      Enfants de tous les pays

                                      Enfants qui ont le droit d’être

                                                   différents

 

En écoutant ces paroles, Claude a sauté de joie car il a découvert que ses amis l’aiment. La mère, en voyant que son fils n’est plus triste, s’est rendue compte de son erreur et a jugé que le bonheur de son fils c’est d’être avec ses amis. Vite, elle a couru vers la porte, l’a ouverte en leur disant :                                                                                                                

 

                            Vous êtes les frères de mon fils,                                                        

                            Vous êtes ses frères de tous les temps,

                            Vous êtes ses frères de tous les lieux,

                            Vous êtes ses frères qui lui ressemblent. 

                                        

                                                          Khaoula Hariz, Mars 2009

Tag(s) : #Banque de textes

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